Inde Vs Chine
- Equipe Contenu
- 14 déc. 2024
- 5 min de lecture
Dans l’économie mondiale actuelle, l’Europe et les Etats-Unis se placent en consommateurs tandis que l’Asie du Sud produit pour le monde. La Chine est en tête en termes d’exportation mais ses voisins essayent de rattraper leur retard. Parmi eux, l’Inde se démarque par sa taille et sa croissance. De nombreux défis et opportunités persistent.
1. Performances macroéconomiques
En termes de taille d’économie, la Chine surclasse largement l’Inde avec ses 17,8 trillions de dollars de PIB en 2023 [1] contre les 3,5 trillions de dollars du PIB indien [2]. Cependant, la croissance chinoise ne semble plus si robuste qu’avant, avec une croissance prévue de 5% en 2024 et 4,5% en 2025 [3]. L’Inde, quant à elle, affiche une croissance de 8,2 % sur l’année fiscale 2023-2024 [4]. La croissance indienne (si elle reste positive et supérieure à la croissance chinoise) permettra sur un horizon long terme de rattraper la Chine. L’économie indienne devrait se placer à la troisième place mondiale derrière la Chine et les USA en 2030 [5].
2. Marché des capitaux et stabilité financière
Le marché boursier chinois est assez vaste et compte plusieurs places boursières comme la Shanghai Stock Exchange (SSE), Hong Kong Stock Exchange et la Shenzen Stock Exchange. Ces places boursières sont étroitement contrôlées par le gouvernement chinois. La bourse de Hong-Kong est une vitrine internationale, c’est par elle que les flux de capitaux étrangers entrent dans l’économie chinoise. La bourse de Chine continentale (SSE) est la « réelle » bourse chinoise. Les actions de sociétés cotées chinoises détenues par les étrangers sont soit des ADR (American Depositary Receipts) qui sont des certificats échangeables et accessibles aux bourses américaines qui représentent une action étrangère ou des actions cotées A.
L’Inde fonctionne différemment grâce à son approche plus libérale de l’économie. L'Inde compte deux principales bourses : la Bombay Stock Exchange (BSE) et la National Stock Exchange (NSE). La BSE, fondée en 1875, est la plus ancienne bourse d'Asie, tandis que la NSE, créée en 1992, est la plus grande en termes de volume de transactions. Les investisseurs institutionnels étrangers (FII) sont autorisés à investir dans les actions, les obligations et les dérivés sur les marchés indiens, sous réserve de certaines restrictions et d'une autorisation préalable de la SEBI. Les investisseurs individuels étrangers (FPI) peuvent aussi investir dans les marchés boursiers indiens, mais leur accès est plus limité que celui des FII. Ils doivent notamment passer par des intermédiaires agréés et respecter des plafonds d'investissement.[6]
L’Inde a récemment surpassé la Chine en termes de poids dans l’indice phare MSCI World ACWI ce qui fait du marché de l’Asie du Sud, le sixième plus gros juste derrière la France (dans cet indice) [7]
La stabilité financière indienne n’est pas encore au niveau. L’arrivée massive de flux étrangers déstabilisent le système mais le gouvernement actuel réforme en profondeur son système financier. La Chine, elle, est en avance étant donné que son essor a déjà commencé. La stabilité financière de ces deux pays dépend aussi de leur régime au pouvoir. Le parti communiste chinois essaye de rassurer les investisseurs étrangers, cependant il n’y arrive pas vraiment sans compter les tensions avec Taïwan et la guerre commerciale avec les USA. L’Inde est plus libérale ce qui ne l’empêche pas d’être soumise à certains risques comme les catastrophes climatiques ou un regain de tensions avec son voisin le Pakistan.
3. Démographie et son impact sur l’économie

Le point fort de ces deux économies émergentes est leur population très nombreuse. Cependant la Chine fait face à un vieillissement de sa population en partie due à la politique de l’enfant unique et à la forte hausse des coûts de la vie. La population indienne est jeune et en forte croissance (cf. graphique) ce qui est une force pour la stabilité économique du pays. Les deux pays ont une population de taille similaire bien que l’Inde ait dépassée sa voisine de peu récemment. Un vieillissement de la population entraine une réduction de la force de travail (fer de lance de l’économie chinoise) et donc une croissance plus faible (cf. Performances macroéconomiques). Cette tendance démographique a aussi d’autres impacts comme une diminution de l’innovation ou une pression à la hausse sur les coûts sociaux (pensions et soins de santé).
4. Comparaison des indices

En comparant l’indice phare de l’Inde et de la Chine, on remarque une surperformance de l’indice indien à partir de 2014. Les indices choisis (Hang Seng, MSCI China, Nifty 50, MSCI India, etc.) influencent cette comparaison, cependant le constat reste le même c’est-à-dire que l’Inde surperforme par rapport à la Chine sur les 5 dernières années. Malgré un rebond de près de 30% en un mois, le Hang Seng Index (indice de la bourse de Hong-Kong, seule accessible aux investisseurs étrangers) peine à rattraper le Nifty 500 (homologue indien du S&P500). Ceci peut s’expliquer de plusieurs manières. D’abord, depuis la crise du Covid en 2020, la Chine n’a pas montré de signe de rétablissement et fait face à des risques de déflation ce qui fait peur aux investisseurs, en particulier les institutions comme Rotschild&Co [8]. Le gouvernement chinois tente de rassurer en proposant des plans de relance mais sans grande conviction. A l’inverse, l’Inde a profité de la baisse de confiance des investisseurs en Chine pour se développer. Apple, Microsoft et Amazon ont ouvert des usines de production et des data centers en Inde au lieu de la Chine. Le CEO d’Apple, Tim Cook, a dit « There are a lot of people coming into the middle class, and I really feel that India is at a tipping point, and it’s great to be there” en annonçant qu’Apple prévoyait de produire 25% des iPhones en Inde d’ici 2030 [9]. Ceci est dû à la fermeture prolongée des usines en Chine lors de la pandémie. Les entreprises tech cherchent à diversifier leur production.
5. Perspectives économiques (conclusion)
L'économie chinoise est encore plus vaste et avancée que celle de l'Inde, mais l'Inde, avec sa population jeune et son ouverture aux investisseurs étrangers, gagne en importance et pourrait rivaliser avec la Chine à l'avenir. Cependant, le développement de l'Inde prendra du temps, et la Chine ne restera pas passive face à la montée en puissance de sa voisine.
Réferences:
(1) TRADING ECONOMICS. (12/10/2024). China GDP. https://tradingeconomics.com/china/gdp
(2)TRADING ECONOMICS. (s. d.-b). India Fiscal Year GDP growth. https://tradingeconomics.com/india/full-year-gdp-growth
(3) Chine : optimiste, le FMI rehausse sa prévision de croissance. (2024, 29 mai). lesechos.fr. https://www.lesechos.fr/monde/chine/chine-optimiste-le-fmi-rehausse-sa-prevision-de-croissance-2097674
(4) La croissance indienne très supérieure aux attentes. (2024, 31 mai). Les Echos. https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/la-croissance-de-leconomie-indienne-depasse-les-previsions-a-82-2098407
(5)India’s growing role in the global economy. (2024, 17 septembre). S&P Global. https://www.spglobal.com/en/research-insights/special-reports/india-forward/indias-growing-role-in-the-global-economy
(6) Servoz, E. (2023, 11 mai). Bourse en Inde : Comment ça marche ? Zonebourse. https://www.zonebourse.com/cours/indice/SENSEX-BSE30-7426/actualite/Bourse-en-Inde-Comment-ca-marche--43814077/
(7) Bloomberg - Are you a robot ? (2024a, septembre 19). https://www.bloomberg.com/news/articles/2024-09-19/india-eclipsing-china-in-msci-global-stock-gauges-to-drive-flows
(8) Collard, M. (2024, 13 septembre). Asset Management : Monthly Macro Insights — Septembre 2024. Rothschild & Co. https://www.rothschildandco.com/fr/actualites/publications/2024/09/asset-management-monthly-macro-insights---septembre-2024/
Kharpal, A. (2024, 22 avril). Why Apple is betting big on India. CNBC. https://www.cnbc.com/2024/04/22/why-apple-is-betting-big-on-india.html



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